Fil rouge

Le textile est un matériau que la vie a constamment mis sur mon chemin.  Toute petite, je brodais sur du carton, je regardais ma mère, ma sœur broder, coudre …  De cette nourriture familiale et féminine est certainement née ma curiosité textile que je n’ai cessé d’explorer en autodidacte.

Ce travail a commencé à prendre corps, j’ai commencé à le faire mien lors de la création de ma première sculpture.

Un symbole important pour moi cette première sculpture du nom de « Prise de tête ». Cette pièce m’est venue instinctivement, comme si mes mains m’avaient aidé à comprendre mon ressenti, à prendre conscience des possibles. Une mis à l’honneur des mains : La main qui fabrique, qui crée, la main outils, la main langage et moyen d’expression. « Prise de tête » pour le bouillonnement créatif intérieur et permanent.

Ces mains pleines d’espoirs se joignent et font lien avec la tête, un dialogue entre les mains, la matière et les émotions. J’ai écouté mes mains…

J’aime l’idée de détourner des techniques anciennes pour en faire des créations contemporaines, comme les techniques de moulage de modiste,la broderie… Celles-ci font partie prenante de mon processus d’enrichissement.

On me demande de me situer entre artiste et artisan : Je suis sur le fil … c’est ma spécificité, la marque et l’empreinte de mon travail. L’artisanat c’est rencontrer, apprendre, multiplier des savoirs pour ne pas pas s’enfermer dans son art.

La création se trouve dans une bulle d’hypersensibilité, dans l’intime, pour moi c’est une respiration entre la vie et la réalisation.

Mon parcours m’a permis d’accéder à une part de moi même auquel je ne pensais pas avoir accès, qui était enfouie. Cette sensibilité émotionnelle fait partie de ma palette. Tout devient matière à émotions.

J’ai écouté mes mains, mes émotions, et j’ai suivi ce que me soufflait la matière…